Les règles de la commande publique au Sénégal
Au Sénégal, les marchés publics sont régis par le décret n° 2022-2295 du 28 décembre 2022 (JO du 26 janvier 2023), qui a remplacé le code de 2014. Le régulateur est l'ARCOP, qui a succédé à l'ARMP en 2022 ; le contrôle a priori des dossiers est assuré par la Direction centrale des marchés publics (DCMP), au ministère des Finances. Les seuils, les garanties, les marchés réservés et les procédures à prix réduit sont fixés par des arrêtés de 2023 et 2024, qu'il faut lire avec le code. Aucun décret modifiant le code n'a été trouvé en 2025 ou 2026 : la nouveauté est le décret n° 2026-807 du 22 avril 2026, qui encadre les marchés classés secret-défense. Les offres se préparent de plus en plus sur la plateforme APPEL, dont l'ARCOP généralise l'usage.
Édition Sénégal : les règles affichées sont celles de ce pays.Changer de pays
Les textes en vigueur
Le code transpose le droit communautaire de l'UEMOA, notamment la directive n° 04/2005/CM/UEMOA du 9 décembre 2005 sur les procédures de passation, d'exécution et de règlement. Pour les marchés qui atteignent les seuils communautaires de publication, l'avis national ne peut être publié avant celui de l'UEMOA, et le délai de dépôt passe à 45 jours (art. 56, 64). L'accès aux marchés financés par le budget est réservé aux entreprises sénégalaises et communautaires (art. 52).[1][3]
Décret n° 2022-2295 du 28 décembre 2022 portant Code des marchés publics
Le code : préparation, passation, exécution, contrôle, recours et sanctions. Il abroge le décret n° 2014-1212 du 22 septembre 2014 et ses modifications (art. 153). Les marchés dont l'avis a été publié avant son entrée en vigueur restent régis par l'ancien code (art. 152).[1]
Arrêté n° 007118 du 23 mars 2023 relatif aux procédures de demande de renseignements et de prix
Les trois formes de DRP (simple, à compétition restreinte, à compétition ouverte) : seuils, délais, recours.[2]
Arrêtés n° 007120 et n° 007121 du 23 mars 2023 sur les garanties de soumission et de bonne exécution
Montants en dessous desquels la garantie de soumission peut ne pas être exigée, et seuils à partir desquels la garantie de bonne exécution est obligatoire.[3][4]
Arrêté n° 007122 du 23 mars 2023 fixant les seuils de contrôle a priori des dossiers de marchés
Montants à partir desquels la DCMP examine le dossier d'appel à la concurrence, l'évaluation et le contrat. En dessous, c'est la cellule de passation de l'autorité contractante.[5]
Arrêté n° 007119 du 23 mars 2023 sur les procédures applicables aux marchés de certaines communes
Procédures allégées pour les communes dont le budget initial est inférieur à 300 millions de F CFA.[6]
Arrêté n° 012635 du 5 juillet 2024 définissant les seuils des marchés réservés aux acteurs de l'économie sociale et solidaire et à certaines PME
Quotas et seuils des marchés réservés : au moins 5 % de la valeur annuelle des marchés d'une autorité (3 % économie sociale et solidaire et PME nationales, 2 % PME à direction féminine).[7]
Décret n° 2026-807 du 22 avril 2026 portant création de la Commission de Contrôle des Marchés publics et des contrats de PPP à classer « Secret-Défense »
Crée, auprès de la Présidence, une commission qui instruit les demandes de classement « secret-défense » des marchés et valide leurs plans de passation. Il ne modifie pas le code (art. 3.c du code exclut les marchés secrets de la défense et de la sécurité).[11][12][1]
Loi n° 2022-07 du 19 avril 2022 modifiant le Code des obligations de l'administration (création de l'ARCOP) et décret n° 2023-832 du 5 avril 2023
La loi crée l'Autorité de Régulation de la Commande Publique, autorité administrative indépendante qui dissout l'ARMP et reprend son patrimoine. Le décret n° 2023-832 fixe son organisation et son fonctionnement.[13][7]
Décret n° 2007-547 du 25 avril 2007 portant création de la Direction centrale des marchés publics (DCMP)
Crée l'organe de contrôle a priori des marchés. Les arrêtés de 2023 visent ce décret et confient son application au directeur de la DCMP.[4][3]
Arrêtés de dérogation : arrêté conjoint n° 031077 du 15 septembre 2023 (fournitures, médicaments et produits pharmaceutiques essentiels) et arrêté n° 008481 du 2 avril 2026 (sociétés publiques de l'énergie)
Deux régimes dérogatoires prévus à l'article 3 du code. Ils n'ont été lus que par leur titre et leur préambule : leurs règles de fond ne sont pas décrites ici.[9][10][1]
Arrêté n° 16781 du 16 novembre 2016 fixant le taux de la redevance de régulation
Taux de la redevance de régulation, pris sous l'ancien code. L'ARCOP le republie encore parmi ses arrêtés ; il vaut « jusqu'à l'adoption d'un nouvel arrêté ».[8]
Statut à confirmer auprès de l'organisme de régulation.
Loi n° 2021-23 du 2 mars 2021 relative aux contrats de partenariat public-privé
Régit les PPP, hors du code des marchés. Non traité sur cette page.[13]
Les organismes
ARCOP, Autorité de Régulation de la Commande Publique
Autorité indépendante rattachée au Secrétariat général de la Présidence. Elle régule la passation et l'exécution des contrats, publie les décisions et avis de son comité, tient la liste rouge des entreprises exclues, gère la plateforme APPEL et forme les acteurs. Adresse : rue Alpha Hachamiyou Tall x Kléber, Dakar ; tél. +221 33 889 11 60.[14][13]
Comité de Règlement des Différends (CRD) de l'ARCOP
Juge les recours des candidats contre une procédure de passation et peut sanctionner les candidats fautifs en formation disciplinaire. Décisions finales et immédiatement exécutoires. Ses décisions et avis sont publiés sur le site de l'ARCOP.[1][14]
DCMP, Direction centrale des marchés publics
Organe de contrôle a priori, au ministère des Finances et du Budget. Elle donne son avis sur les dossiers d'appel à la concurrence, les rapports d'évaluation et les contrats au-dessus des seuils de contrôle, autorise les ententes directes, immatricule les marchés avant notification et publie les plans de passation. Son silence dans le délai fixé par l'ARCOP vaut avis favorable.[1][5][4]
Commissions des marchés et cellules de passation des marchés
Dans chaque autorité contractante, la commission des marchés ouvre les plis, évalue les offres et propose l'attribution. La cellule de passation revoit les dossiers qui n'atteignent pas les seuils de la DCMP et rend des rapports trimestriels.[1][5]
Personne responsable du marché
Représentant habilité de l'autorité contractante : il conduit la procédure et signe le marché ; un marché signé par une personne non habilitée est nul. Il répond aux recours gracieux (3 jours francs et ouvrés) et aux demandes de motifs de rejet (5 jours ouvrables).[1]
Plateforme APPEL (Achat Public en Procédures Électroniques) et portail des achats publics
Plateforme de l'ARCOP : les fournisseurs consultent les plans de passation et les appels d'offres sans compte, puis, avec un compte validé par l'administrateur, manifestent leur intérêt, posent des questions, soumettent des offres en ligne et reçoivent le procès-verbal d'ouverture.[15][14]
Commission de contrôle des marchés « Secret-Défense »
Créée en avril 2026 à la Présidence : examine les demandes de classement, valide les plans de passation et revoit les projets de marchés classés. L'autorisation est délivrée en 15 jours selon l'ARCOP.[11][12]
Chambre de discipline financière de la Cour des comptes
Peut être saisie contre les agents publics qui fractionnent les dépenses, favorisent un candidat ou passent un marché sans autorisation (art. 148).[1]
Où trouver les avis
Portail des achats publics et plateforme APPEL
Portail officiel où les autorités contractantes publient plans de passation et appels d'offres, et où les offres peuvent être déposées en ligne. L'ARCOP forme les autorités à APPEL pour qu'elles y inscrivent leurs plans de passation 2027 : la généralisation est en cours, donc certains acheteurs publient encore ailleurs.
Consultation sans compte. Un compte fournisseur, validé par l'administrateur, est nécessaire pour manifester son intérêt, poser des questions et soumettre une offre. Le manuel ne mentionne pas de frais.
Site de l'ARCOP : décisions, avis, textes, liste rouge
Textes juridiques (code, arrêtés, recueils), décisions du CRD de 2023 à 2026, avis, dossiers types de marchés et manuel d'utilisation d'APPEL pour les fournisseurs, et liste rouge.
Consultation libre, sans compte.
Presse à grande diffusion et affichage
Les avis généraux et les avis d'appel public à la concurrence sont publiés dans un journal de grande diffusion et sur le portail officiel (art. 56). Pour les petites communes (budget initial sous 300 millions de F CFA), les avis de travaux sous 50 millions et de fournitures sous 25 millions sont affichés au siège, à la préfecture ou sous-préfecture et à la chambre des métiers ; les délais courent à partir de l'affichage à la sous-préfecture.
Qui achète
- État, institutions constitutionnelles, collectivités territoriales, établissements publics
- Seuil d'appel d'offres ouvert : 70 millions de F CFA pour les travaux, 50 millions pour les fournitures, services courants et prestations intellectuelles. En dessous, demande de renseignements et de prix (art. 53 et 55). Le contrôle de la DCMP s'applique à partir de 300 millions (travaux), 200 millions (fournitures) et 150 millions (services et prestations intellectuelles).[1][5]
- Sociétés publiques, agences, institutions de protection sociale
- Seuils plus élevés : appel d'offres ouvert à partir de 100 millions (travaux) et 60 millions (fournitures, services et prestations intellectuelles). Les sociétés publiques de l'énergie, du pétrole et du gaz peuvent acheter hors code selon un arrêté conjoint, après approbation de l'ARCOP, avec un manuel de passation publié (art. 3.d).[1]
- Filiales de sociétés publiques
- Dans un avis du 21 janvier 2026 rendu à la demande de la filiale d'une société à participation publique majoritaire, le Comité de règlement des différends a estimé que les filiales de sociétés publiques ou à participation publique majoritaire sont soumises au code des marchés publics. Si votre client est une telle filiale, attendez-vous donc aux mêmes règles et aux mêmes seuils que ceux d'une société publique.[17]source non officielle
- Communes à petit budget (moins de 300 millions de F CFA)
- Procédures allégées : plans de passation et avis généraux au plus tard le 30 avril ; affichage public pour les travaux sous 50 millions et les fournitures sous 25 millions TTC ; trois prix par écrit suffisent pour la DRP simple ou restreinte ; l'autorité peut ne pas exiger les attestations sociales et fiscales pour un marché de moins de 25 millions TTC.[6]
- Défense et sécurité
- Les marchés classés secret-défense des forces armées, de la police, des douanes, des pompiers, de l'administration pénitentiaire et des eaux et forêts sont hors du code (art. 3.c). Depuis le décret n° 2026-807, le classement doit être instruit par une commission à la Présidence, et l'entente directe n'est plus justifiée par le seul classement. Ces marchés étant incompatibles avec la publicité, ils échappent en principe à la concurrence ouverte.[1][11][12]
- Santé : médicaments et produits essentiels
- L'article 3 du code permet d'acquérir hors procédure, en cas de rupture de stocks, les médicaments d'urgence figurant sur une liste fixée par arrêté, et les fournitures et produits pharmaceutiques essentiels selon un arrêté conjoint Finances-Santé (arrêté n° 031077 du 15 septembre 2023, lu par son préambule seulement). Pour un fournisseur pharmaceutique, ce n'est donc pas toujours le code qui s'applique.[1][9]
- Projets financés par des bailleurs ou traités internationaux
- Les règles du code s'appliquent sous réserve de dispositions contraires des accords de financement ou des traités. Ces marchés entrent dans l'audit annuel de l'ARCOP (art. 3). Lisez d'abord l'accord de financement cité dans l'avis : ses règles peuvent primer.[1]
Les procédures
Appel d'offres ouvert (AOO), national ou international, avec ou sans préqualification
Mode de passation obligatoire par principe, à partir de 70 millions de F CFA (travaux) et 50 millions (fournitures, services courants, prestations intellectuelles) pour l'État, les collectivités et les établissements publics, et de 100 et 60 millions pour les sociétés publiques, agences et institutions de protection sociale (art. 53, 61). La préqualification est possible pour des travaux importants ou complexes (art. 72). Une offre est signée en un seul original, accompagnée des copies demandées (art. 62).[1]
Délai minimum : 30 jours calendaires à compter de la publication de l'avis pour un appel national ; 45 jours pour un appel international ou dépassant les seuils communautaires de l'UEMOA. Réduction possible de 5 jours si le dossier est accessible en libre accès électronique. Avec préqualification, les invitations à déposer partent au moins 30 jours (national) ou 45 jours (international) avant la date limite (art. 64, 72).[1]
Pour vous : Posez vos questions à l'écrit : elles sont recevables jusqu'à 10 jours avant la date limite, et l'autorité doit répondre au moins 5 jours avant, à tous ceux qui ont retiré le dossier. À défaut, l'ouverture est reportée.
Appel d'offres restreint (AOR)
Après avis de la DCMP seulement, dans quatre cas : urgence simple ; marchés de recherche, d'essais ou de mise au point ; marché à faire exécuter aux frais d'un titulaire défaillant ; marché qui a fait l'objet d'un appel d'offres infructueux. L'autorité consulte par écrit au moins trois candidats (art. 74, 75).[1]
Délai minimum : Urgence simple : 10 jours (national) ou 15 jours (international) après remise de la lettre d'invitation. Recherche, défaillance ou appel infructueux : 15 jours (national) ou 30 jours (international). Si moins de trois plis sont remis, un nouveau délai de 10 ou 15 jours est ouvert (5 ou 10 en urgence).[1]
Pour vous : On n'y entre que sur invitation. Le délai d'attente avant signature, de 10 jours en principe, est ramené à 7 jours en urgence simple, et les recours sont plus courts (2 jours pour l'autorité, 3 jours pour le CRD).
Demande de renseignements et de prix (DRP) : simple, restreinte ou ouverte
Pour les marchés sous les seuils de l'appel d'offres (art. 55, 79). Montants TTC. DRP simple, sans écrit : travaux sous 5 millions, fournitures et services courants sous 3 millions, prestations intellectuelles sous 5 millions. DRP restreinte, avec au moins cinq entreprises sollicitées par écrit : jusqu'à 25 millions (travaux), 15 millions (fournitures) et 25 millions (prestations intellectuelles) pour l'État et les collectivités ; jusqu'à 50, 30 et 30 millions pour les sociétés publiques et agences. DRP ouverte, avec avis public : de 25 à 70 millions (travaux), 15 à 50 millions (fournitures), 25 à 50 millions (prestations intellectuelles) pour l'État ; de 50 à 100, 30 à 60 et 30 à 60 millions pour les sociétés publiques et agences.[2][1]
Délai minimum : DRP ouverte : 15 jours calendaires après la publication de l'avis ; la commission propose l'attribution dans les 7 jours suivant l'ouverture. Pour une prestation intellectuelle avec avis à manifestation d'intérêt : 10 jours minimum. Les DRP simples et restreintes n'ont pas de délai minimal de publicité.[2]
Pour vous : C'est l'entrée naturelle des petites entreprises, et ces marchés sont aussi les plus exposés aux recours rapides : 3 jours francs et ouvrés pour le recours gracieux, 2 jours pour saisir le CRD. Les résultats des DRP restreintes sont publiés sur le site des marchés publics dès leur attribution.
Marché par entente directe
Sur autorisation de la DCMP : exclusivité du cocontractant, ou marché complémentaire à un marché exécuté après appel d'offres (plafonné à un tiers du marché principal). Sur avis de la DCMP : marchés secrets ou à sécurité particulière, urgence impérieuse, mobilisation générale. L'entrepreneur accepte un contrôle de ses prix pendant l'exécution (art. 77). Une offre spontanée peut aussi mener à une négociation directe, si le marché atteint au moins 50 milliards de F CFA, que l'entreprise le finance entièrement et que d'autres conditions sont remplies (art. 83).[1]
Pour vous : Si vous détenez un droit exclusif, il faut le prouver par écrit avant que l'autorité ne demande l'autorisation. Hors marchés classés secrets, les marchés par entente directe entrent dans l'audit annuel de l'ARCOP.
Prestations intellectuelles : appel à manifestation d'intérêt puis demande de propositions
Pour les consultants, les bureaux d'études et l'assistance technique. L'autorité publie un avis à manifestation d'intérêt, présélectionne au moins trois candidats, leur adresse une demande de propositions, ouvre d'abord l'offre technique, puis l'offre financière des seuls candidats qualifiés. Elle négocie ensuite avec le candidat retenu, un seul à la fois. En dessous des seuils de l'appel d'offres, elle peut inviter directement cinq prestataires sans publicité (art. 81, 82).[1]
Délai minimum : Au moins 15 jours à compter de la publication de l'avis à manifestation d'intérêt (art. 82). S'il y a moins de trois candidats, un nouveau délai d'au moins 10 jours ouvrables s'ouvre. Demande de propositions en urgence simple : 10 jours (national) ou 15 jours (international).[1]
Pour vous : L'avis ne demande qu'un minimum d'informations et exclut les données personnelles des experts : ne surchargez pas votre dossier. Selon le mode de sélection retenu par le dossier, la qualité technique peut compter seule, avec le prix, ou le prix ne jouer qu'au-delà d'une note technique minimale.
Appel d'offres en deux étapes
Pour un marché très complexe, ou quand l'autorité choisit sur des critères de performance plutôt que sur des spécifications détaillées. Motivé et soumis à l'avis préalable de la DCMP. Première étape : propositions techniques sans prix ; seconde étape : propositions définitives avec prix (art. 73).[1]
Délai minimum : 30 jours (national) ou 45 jours (international) pour chacune des deux étapes. Le délai de réception des candidatures est d'au moins 45 jours à compter de l'avis (art. 64, 73).[1]
Pour vous : La composition d'un groupement peut évoluer pendant la phase d'échanges, mais pas son chef de file (art. 47).
Accord-cadre, marché à commande, marché de clientèle
L'accord-cadre fixe les conditions des marchés subséquents attribués pendant sa durée. L'autorité doit demander l'avis de la DCMP sur le dossier d'un accord-cadre, d'un marché à commande, d'un marché de clientèle ou d'un marché à tranches, quel que soit le montant (art. 4, 142.a).[1]
Pour vous : Les accords-cadres et leurs avenants de reconduction doivent figurer dans le plan de passation. Être retenu ne garantit pas de commande : vérifiez dans le dossier comment les commandes sont réparties.
Les seuils
| Acheteur | Marché | Montant | Effet |
|---|---|---|---|
| État, institutions constitutionnelles, collectivités territoriales, établissements publics | Travaux | 70 000 000 F CFA (base fiscale non précisée à l'article 53) | Appel d'offres ouvert à partir de ce montant estimé ; en dessous, demande de renseignements et de prix.[1] |
| État, institutions constitutionnelles, collectivités territoriales, établissements publics | Fournitures | 50 000 000 F CFA (fournitures et services courants ; base fiscale non précisée) | Appel d'offres ouvert à partir de ce montant estimé.[1] |
| État, institutions constitutionnelles, collectivités territoriales, établissements publics | Prestations intellectuelles | 50 000 000 F CFA (base fiscale non précisée) | Prestations intellectuelles : procédure formelle avec présélection à partir de ce montant.[1] |
| Sociétés publiques, agences et organismes assimilés, institutions de protection sociale | Travaux | 100 000 000 F CFA (base fiscale non précisée) | Appel d'offres ouvert à partir de ce montant estimé.[1] |
| Sociétés publiques, agences et organismes assimilés, institutions de protection sociale | Fournitures | 60 000 000 F CFA (fournitures et services courants ; base fiscale non précisée) | Appel d'offres ouvert à partir de ce montant estimé.[1] |
| Sociétés publiques, agences et organismes assimilés, institutions de protection sociale | Prestations intellectuelles | 60 000 000 F CFA (base fiscale non précisée) | Prestations intellectuelles : procédure formelle avec présélection à partir de ce montant.[1] |
| État, collectivités territoriales, établissements publics | Travaux | De 25 000 000 à moins de 70 000 000 F CFA TTC | DRP à compétition ouverte (avis public, 15 jours).[2] |
| État, collectivités territoriales, établissements publics | Fournitures | De 15 000 000 à moins de 50 000 000 F CFA TTC (fournitures et services courants) | DRP à compétition ouverte.[2] |
| État, collectivités territoriales, établissements publics | Prestations intellectuelles | De 25 000 000 à moins de 50 000 000 F CFA TTC | DRP à compétition ouverte pour les prestations intellectuelles.[2] |
| Sociétés publiques, agences, institutions de protection sociale | Travaux | De 50 000 000 à moins de 100 000 000 F CFA TTC | DRP à compétition ouverte.[2] |
| Sociétés publiques, agences, institutions de protection sociale | Fournitures | De 30 000 000 à moins de 60 000 000 F CFA TTC (fournitures et services courants) | DRP à compétition ouverte. Même bande, 30 à moins de 60 millions, pour les prestations intellectuelles.[2] |
| État, collectivités territoriales, établissements publics | Tous | Moins de 25 millions (travaux), 15 millions (fournitures) et 25 millions (prestations intellectuelles) TTC | DRP à compétition restreinte : au moins cinq entreprises sollicitées par écrit. Pour les sociétés publiques et agences : moins de 50, 30 et 30 millions TTC.[2] |
| Tous les acheteurs | Tous | Moins de 5 millions (travaux), 3 millions (fournitures et services courants), 5 millions (prestations intellectuelles) TTC | DRP simple, sans formalité écrite : l'autorité consulte librement au moins trois fournisseurs, sur factures pro forma, et paie sur mémoire ou facture.[2] |
| Tous les acheteurs | Travaux | 100 000 000 F CFA TTC | La garantie de soumission peut ne pas être exigée en dessous de ce montant. La garantie de bonne exécution est obligatoire à partir de ce montant, pour les travaux et les prestations intellectuelles.[3][4] |
| Tous les acheteurs | Fournitures | 80 000 000 F CFA TTC (dispense de garantie de soumission) ; 70 000 000 F CFA TTC (garantie de bonne exécution) | Fournitures et services autres que les prestations intellectuelles : l'autorité peut ne pas exiger de garantie de soumission sous 80 millions ; la garantie de bonne exécution est obligatoire à partir de 70 millions.[3][4] |
| Autorités dont le budget annuel dépasse 1 milliard de F CFA (100 millions pour les collectivités territoriales) | Travaux | Moins de 100 000 000 F CFA TTC (travaux) ; moins de 80 000 000 F CFA TTC (fournitures et services hors prestations intellectuelles) | Marchés pouvant être réservés aux acteurs de l'économie sociale et solidaire et aux PME. Chaque autorité réserve au moins 5 % de la valeur annuelle estimée de ses marchés : 3 % pour l'économie sociale et solidaire et les PME nationales, 2 % exclusivement pour les PME à direction féminine.[7] |
| État, institutions constitutionnelles, collectivités, établissements publics (contrôle de la DCMP) | Tous | 300 millions (travaux), 200 millions (fournitures), 150 millions (services courants et prestations intellectuelles) de F CFA | À partir de ces montants, la DCMP donne son avis sur le dossier, l'évaluation et le contrat. En dessous, la cellule de passation de l'autorité contractante fait la revue. Ce contrôle ne change pas la procédure, mais ajoute des délais d'avis.[5] |
| Agences et organismes assimilés (contrôle de la DCMP) | Tous | 400 millions (travaux), 250 millions (fournitures), 200 millions (services courants et prestations intellectuelles) de F CFA | Seuil de revue par la DCMP pour ces organismes.[5] |
| Sociétés publiques et institutions de protection sociale (contrôle de la DCMP) | Tous | 600 millions (travaux), 400 millions (fournitures), 250 millions (services courants et prestations intellectuelles) de F CFA | Seuil de revue par la DCMP pour ces organismes.[5] |
Les pièces administratives
Nous n'avons pas encore de liste vérifiée au Sénégal. Voici les pièces qu'on demande presque partout : vérifiez leur nom exact et l'organisme qui les délivre dans le dossier d'appel d'offres.
Extrait du registre du commerce (RCCM)
Presque toujours demandéeGreffe du tribunal de commerce
L'extrait est délivré par le greffe du tribunal de commerce dont dépend le siège de l'entreprise. L'immatriculation est permanente, mais les DAO demandent en général un extrait récent. Vérifiez auprès du greffe la délivrance d'un extrait à jour.
Identifiant fiscal de l'entreprise
Presque toujours demandéeAdministration fiscale nationale
L'identifiant fiscal est attribué par l'administration fiscale à l'immatriculation ; l'attestation s'obtient auprès du service des impôts de rattachement. Elle est demandée dans tous les dossiers administratifs. Vérifiez que la dénomination correspond au RCCM.
Attestation de situation fiscale
Presque toujours demandéeAdministration fiscale nationale
Elle certifie que l'entreprise est à jour de ses obligations fiscales. La demande se fait auprès du service des impôts de rattachement ou du téléservice de l'administration fiscale lorsqu'il existe, après dépôt de toutes les déclarations. Vérifiez la durée de validité portée sur l'attestation.
Validité habituelle : 3 moisGuide détaillé
Attestation de régularité sociale
Presque toujours demandéeCaisse nationale de sécurité sociale
Elle atteste que l'entreprise est immatriculée et à jour de ses cotisations sociales. La demande se fait auprès de l'agence de la caisse de sécurité sociale de rattachement. Régularisez les cotisations en retard avant de la demander.
Validité habituelle : 3 mois
Attestation de non-faillite
Presque toujours demandéeGreffe du tribunal de commerce
Elle est délivrée par le greffe du tribunal de commerce du ressort de l'entreprise sur présentation du RCCM. Elle certifie qu'aucune procédure collective n'est en cours. Les DAO exigent en général une attestation récente : vérifiez le délai demandé.
Validité habituelle : 3 moisGuide détaillé
Qui peut soumissionner
- Sont exclus, quelle que soit la procédure : les personnes en liquidation de biens, ou en redressement quand la poursuite d'activité est interdite ; celles frappées d'une interdiction de commande publique (décision du CRD ou de justice) ; les personnes et dirigeants condamnés pour une infraction liée à leur activité ou pour fausses déclarations de qualification ; celles condamnées pour violation du droit du travail ou de l'environnement ; les personnes qui, au 31 décembre de l'année précédant le lancement, n'avaient pas déposé leurs déclarations fiscales et sociales ou payé les impôts, taxes et cotisations exigibles ; et les entreprises publiques sous tutelle technique de l'autorité qui ne prouvent pas leur autonomie (art. 43). Ces règles valent aussi pour les sous-traitants.[1]
- Le dossier peut exiger : une déclaration de candidature, une note de présentation, les attestations de la Caisse de sécurité sociale, de l'IPRES, du fisc et de l'Inspection du travail, l'attestation de paiement des redevances de régulation de l'exercice précédent, une déclaration sur l'honneur de non-liquidation (et l'attestation de non-faillite à la signature), une lettre d'engagement à respecter la Charte de l'éthique, la garantie de soumission originale, des états financiers visés par un membre de l'ONECCA et le numéro d'identification unique (NINEA). Le bénéficiaire effectif est déclaré par l'attributaire provisoire avant la signature (art. 44). Pour les travaux, l'attestation de qualification et de classement est obligatoire, ou à défaut un récépissé de dépôt (art. 46).[1]
- Est considérée en règle toute personne qui, au 31 décembre de l'année précédant l'avis, avait payé impôts, taxes, cotisations et redevances de régulation exigibles, ou qui a payé ou constitué des garanties suffisantes entre cette date et le lancement de la procédure (art. 45). Pour les PME et startups, il faut les attestations d'agrément ou de labellisation prévues (art. 46). Un candidat étranger fournit les mêmes pièces que les nationaux, délivrées par son pays.[1]
- La participation aux appels à la concurrence et aux marchés par entente directe financés par les budgets des autorités contractantes est réservée aux entreprises sénégalaises et communautaires (UEMOA) inscrites au registre du commerce ou au registre des métiers, ou aux entreprises d'États appliquant la réciprocité. Exceptions : si les entreprises visées ne peuvent exécuter le marché, ou si l'ampleur financière ou la complexité technique ne garantit pas une concurrence locale suffisante ; alors l'accès s'ouvre à d'autres, avec une préférence pour les entreprises communautaires (art. 52).[1]
- Les pièces non fournies ou incomplètes parmi les points a) à f) (déclaration, note, attestations, redevances, déclaration sur l'honneur, charte) et éventuellement h), i), j) doivent être produites dans un délai au plus égal à celui dont dispose l'autorité pour prononcer l'attribution provisoire ; passé ce délai, l'offre est rejetée. L'absence de garantie de soumission à l'ouverture, hors dispense, entraîne à elle seule le rejet de l'offre à l'examen préliminaire (art. 44).[1]
Groupement et sous-traitance
- Les candidats peuvent se regrouper en groupement solidaire (chaque membre engagé sur tout) ou conjoint (chacun sur ses prestations). Un candidat individuel ne peut pas être aussi membre d'un groupement, et un membre ne peut participer qu'à un seul groupement : sinon tous les groupements concernés sont disqualifiés. La composition est intangible sauf restructuration de société ou impossibilité d'un membre, avec l'accord de l'autorité (art. 47).[1]
- Sous-traitance : jusqu'à 40 % du montant d'un marché de travaux ou de services, en priorité à des PME de droit sénégalais ou communautaires. L'agrément du sous-traitant et ses conditions de paiement se demandent dans l'offre, ou après la conclusion du marché par une déclaration spéciale remise contre récépissé. Le sous-traitant agréé peut être payé directement par l'autorité, et peut nantir sa créance (art. 48, 49, 110, 111).[1]
Caution de soumission
- La garantie de soumission est de 1 % à 3 % de la valeur estimée du marché, selon le dossier, et n'est pas exigée pour les prestations intellectuelles. Elle doit être produite en original, bien formée, et rester valable 28 jours après l'expiration de la durée de validité des offres : une copie, une photocopie ou un scan est refusé. Elle vient d'un organisme financier agréé par le ministre des Finances (art. 114, 117).[1]
- L'autorité peut ne pas l'exiger sous 80 millions de F CFA TTC pour les fournitures et services autres que les prestations intellectuelles, et sous 100 millions TTC pour les travaux (arrêté n° 007120). Pour les marchés réservés aux coopératives, GIE, entreprises sociales, artisans et PME féminines, elle peut aussi ne pas l'exiger. Elle est restituée aux candidats évincés dès l'attribution provisoire (art. 84).[3][1]
Dépôt des offres
- L'avis d'appel d'offres indique l'objet, les critères d'évaluation dans un ordre non modifiable, où retirer le dossier, le lieu et la date limite de dépôt, la durée de validité des offres, les justifications exigées, le montant de la garantie de soumission et la présence éventuelle des bailleurs à l'ouverture (art. 67). L'offre se dépose par la poste, par porteur ou par voie électronique, au choix de l'autorité. Les plateformes électroniques doivent préserver la confidentialité jusqu'à la date limite (art. 56 à 58).[1]
- Une même personne ne peut, sous peine de rejet, soumettre plus d'une offre (art. 62). Les variantes ne sont admises que si l'avis et le dossier le prévoient, et seulement avec une offre de base conforme (art. 63, 60).[1]
Ouverture des plis
- L'ouverture a lieu en séance publique, en présentiel ou en visioconférence, à la date et à l'heure limites. Seuls les plis reçus à temps sont ouverts ; les autres sont renvoyés sans être ouverts. Tous les candidats peuvent y assister et signent un registre de présence. On lit à voix haute le nom de chaque candidat, le montant de chaque offre, la présence ou l'absence de garantie de soumission et les rabais. Le procès-verbal est remis à tout soumissionnaire qui le demande (art. 68).[1]
Évaluation des offres
- La commission examine d'abord la recevabilité et les pièces, puis la conformité aux spécifications, puis évalue en détail. Elle ne peut pas négocier, ni demander de modifier prix ou conditions ; elle peut corriger des erreurs purement arithmétiques et demander des précisions par écrit. Elle propose l'attribution à l'offre conforme évaluée la moins disante dans un délai maximum de 15 jours après l'ouverture, prolongeable de 10 jours au plus (art. 69 à 71).[1]
- Le choix se fait sur le prix seul, ou sur le prix et d'autres critères tels que le coût d'utilisation, les performances techniques, la protection de l'environnement, les délais, la maintenance, l'accessibilité pour les personnes handicapées, et des exigences de contenu local (emploi, intégration des artisans et PME locales, développement durable). Ces critères sont énumérés dans le dossier, en termes monétaires ou comme critères éliminatoires. Seule la capacité du candidat le moins disant est examinée (art. 44, 60).[1]
- Une offre anormalement basse peut être rejetée par décision motivée, après que la commission a demandé au candidat des précisions sur ses sous-détails de prix. Le candidat peut justifier son prix par des économies de méthode, des conditions exceptionnellement favorables ou l'usage de ressources inactives. Une offre qui ne respecte pas la réglementation sociale et environnementale peut aussi être rejetée (art. 60).[1]
Préférences et PME
- Dans un appel d'offres international, une préférence est accordée aux candidats de droit sénégalais ou de l'UEMOA, ou dont les offres ne comportent que des produits d'origine sénégalaise ou UEMOA, à condition que leur offre ne dépasse pas de plus de 15 % celle du moins-disant non communautaire (art. 50).[1]
- Dans un appel d'offres national : 5 % de marge pour les entreprises à direction féminine et celles détenues à plus de 50 % par des jeunes ou des personnes handicapées ; 5 % pour le candidat qui sous-traite au moins 30 % à une ou plusieurs startups labellisées ou se groupe avec elles ; pour les marchés d'une collectivité, jusqu'à 5 % pour qui sous-traite au moins 30 % à une entreprise locale. Ces marges sont cumulables avec la préférence communautaire. Il faut demander la préférence dans l'offre, par une déclaration et des justificatifs, et le dossier doit en définir les conditions (art. 48, 50, 51).[1]
- Marchés réservés : l'autorité réserve au moins 5 % de la valeur annuelle de ses marchés (3 % pour l'économie sociale et solidaire et les PME nationales, 2 % pour les PME à direction féminine), pour les marchés sous 100 millions TTC (travaux) ou 80 millions TTC (autres). Un « marché réservé » est ouvert aux associations, coopératives, GIE, entreprises sociales ou PME employant au moins 30 % de personnes handicapées, 50 % de jeunes non qualifiés ou 50 % de femmes. Les autres pays de l'UEMOA en bénéficient par reconnaissance mutuelle (art. 4.30 ; arrêté de 2024).[1][7]
Attribution
- La commission dresse son procès-verbal dans les 3 jours après l'évaluation. L'autorité décide dans les 3 jours ouvrables suivants ; si elle approuve, elle avise aussitôt les autres candidats des motifs du rejet, leur restitue la garantie de soumission et publie un avis d'attribution provisoire (art. 84). Un candidat écarté qui en fait la demande écrite reçoit les motifs du rejet dans les 5 jours ouvrables (art. 88).[1]
- Le marché est transmis pour signature au plus tôt 10 jours après la publication ou la notification de l'attribution provisoire (7 jours en urgence simple). Il est ensuite approuvé : un refus d'approbation n'est possible qu'en l'absence de crédits, par décision motivée dans les 15 jours (30 jours pour les collectivités). La DCMP immatricule le marché avant sa notification, et le contrat n'a d'effet qu'à partir de la notification, qui lance les délais d'exécution. L'avis d'attribution définitive est publié sur le portail dans les 15 jours qui suivent (art. 74, 85, 86).[1]
- Un appel d'offres est déclaré infructueux, après consultation de la DCMP, si aucune offre n'est remise ou si toutes sont irrecevables ou non conformes. Il peut aussi être classé sans suite pour un motif d'intérêt général, comme la disparition du besoin ou des offres trop élevées par rapport à la valeur estimée (art. 65, 66).[1]
Recours
- Appel d'offres : le candidat doit d'abord adresser un recours gracieux à la personne responsable du marché, par lettre recommandée ou dépôt contre récépissé, dans les 5 jours francs et ouvrés après la publication de l'avis d'attribution provisoire, de l'avis d'appel ou la communication du dossier. L'autorité répond en 3 jours francs et ouvrés ; sans réponse, le recours est rejeté. Le requérant a ensuite 3 jours francs et ouvrés pour saisir le CRD, à compter de la réponse ou de l'expiration des 3 jours. La réponse tardive ne rouvre pas le délai (art. 89, 90).[1]
- Le recours au CRD n'est recevable que s'il est précédé d'un recours gracieux, invoque une violation caractérisée de la réglementation et s'accompagne de la preuve de paiement de frais de procédure non remboursables, fixés par le Conseil de régulation de l'ARCOP. Le CRD suspend la procédure, sauf certification d'urgence impérieuse liée à une catastrophe. Il décide dans les 7 jours ouvrables : sa décision est finale et immédiatement exécutoire. Passé ce délai, l'attribution ne peut plus être suspendue. Le candidat garde le droit de demander réparation devant les juridictions, sans effet suspensif (art. 90 à 92).[1]
- DRP : délais plus courts. Recours gracieux dans les 3 jours francs et ouvrés ; réponse de l'autorité en 2 jours ; saisine du CRD dans les 2 jours ; décision du CRD en 5 jours ouvrables. Une DRP n'entre en vigueur qu'après l'expiration des délais de recours (arrêté n° 007118, art. 6 à 10).[2]
- Pendant l'exécution, le titulaire ou l'autorité peut saisir le CRD pour une conciliation (procès-verbal en 15 jours, prolongeable de 15), sans effet suspensif ; chaque partie répond à l'avis dans les 30 jours. Les litiges relèvent ensuite du juge administratif, ou des tribunaux de droit commun pour les sociétés nationales et les sociétés à participation publique majoritaire. L'arbitrage OHADA est possible avec une clause compromissoire (art. 139, 140).[1]
Garantie de bonne exécution
- Le titulaire d'un marché d'un montant au moins égal à 70 millions de F CFA TTC (fournitures et services courants) ou 100 millions TTC (travaux et prestations intellectuelles) fournit une garantie de bonne exécution. Elle est constituée en totalité à la signature, plafonnée à 5 % du marché, avenants compris, et complétée en cas d'avenant. Elle peut prendre la forme d'un cautionnement, d'une garantie à première demande ou, si les parties l'acceptent, d'une caution personnelle et solidaire (art. 115 à 117 ; arrêté n° 007121). Elle est libérée au règlement pour solde définitif, ou à la réception provisoire s'il y a un délai de garantie (art. 119).[1][4]
- Pour les marchés réservés aux acteurs de l'économie sociale et solidaire et aux artisans individuels, l'autorité peut ne pas exiger de garantie de bonne exécution (art. 115).[1]
Avance de démarrage
- Une avance forfaitaire de démarrage peut être accordée, plafonnée à 20 % du montant initial TTC (ou de la première tranche de 12 mois pour un marché de plus d'un an). Elle exige une caution bancaire fournie avant le versement. Son remboursement commence quand les prestations atteignent 40 % du marché et s'achève à 80 % (art. 97).[1]
- Des avances sur dépenses engagées peuvent aussi être versées, sur justificatifs de débours et contre une garantie de restitution d'égal montant. Le total ne dépasse jamais 60 % du marché initial, avec des plafonds par cas : 40 % pour des installations ou matériels importants, 30 % pour des engins lourds sur chantier, 50 % du contrat d'achat pour les approvisionnements, 60 % pour un achat fait pour le compte de l'autorité (art. 94, 95).[1]
Retenue de garantie
- Quand le marché comporte un délai de garantie, l'autorité peut retenir une part de chaque paiement, au plus 5 % de chaque paiement, fixée par le cahier des charges. Elle peut être remplacée, au choix du titulaire, par une garantie à première demande ou, si les deux parties sont d'accord, une caution personnelle et solidaire du même montant. La retenue est remboursée à l'expiration du délai de garantie (art. 118, 119).[1]
Paiement
- Le règlement intervient dans les 45 jours à compter de la régularisation du dossier du créancier. Au-delà, des intérêts moratoires courent de plein droit, à un taux supérieur de 2 points au taux d'escompte de l'institut d'émission. L'autorité notifie dans le mois qui suit la constatation du droit à paiement les motifs pour lesquels les prestations ne donnent pas droit à un acompte ou à un solde ; passé ce mois, le retard ouvre aussi droit à des intérêts (art. 106, 107).[1]
- Des acomptes sont dus à condition que le marché prévoie une exécution de plus de trois mois. Les pénalités de retard sont appliquées sans mise en demeure, plafonnées à 10 % du marché TTC avec avenants, sous peine de résiliation (art. 98, 99, 136). Les créances du marché peuvent être nanties (art. 121).[1]
- La redevance de régulation, les droits de timbre et d'enregistrement sont à la charge du titulaire (art. 151). Un arrêté de 2016, pris sous l'ancien code et encore publié par l'ARCOP, fixe la redevance à 0,3 % pour les marchés sous 1 milliard hors taxes et les DRP ouvertes, 0,2 % entre 1 et 3 milliards, 0,1 % au-dessus, avec un plafond de 300 millions de F CFA par titulaire et par an.[1][8]
Sanctions
- Le CRD, en formation disciplinaire, peut sanctionner le candidat ou titulaire qui a donné ou promis un avantage indu, participé à une collusion sur les prix, influé sur le mode de passation, fourni des informations fausses, présenté des demandes de paiement fictives, violé délibérément le droit du travail ou de l'environnement, corrompu des agents, fait obstruction aux enquêtes. Sanctions possibles, cumulables : confiscation des garanties, exclusion des marchés pour une durée fixée selon la gravité, extension aux sociétés liées en cas de collusion, résiliation du contrat en cours (art. 149, 150). Un recours devant le juge administratif est possible, sans effet suspensif.[1]
- L'ARCOP publie une liste rouge des personnes interdites de soumissionner. Au 7 août 2026, elle comptait une entrée : la décision n° 100/2026/ARCOP/CRD/DEF du 15 juillet 2026 contre une entreprise pour faux documents.[16]
Les pièges à connaître
- Les marchés financés par le budget de l'État ou d'une collectivité sont réservés aux entreprises sénégalaises et communautaires (UEMOA) inscrites au registre du commerce ou des métiers (art. 52). Une entreprise du Cameroun, de Guinée ou de RD Congo ne peut en principe y répondre seule, sauf exception du dossier ou réciprocité : regardez si l'avis est national, communautaire ou international, et cherchez un partenaire local.
- Vous êtes jugé « en règle » à la date du 31 décembre de l'année précédente : impôts, cotisations (sécurité sociale, IPRES) et redevances de régulation exigibles à cette date. Si vous n'aviez pas déclaré ou payé, régularisez avant le lancement de l'appel, sinon vous êtes exclu (art. 43 et 45). La preuve du paiement des redevances de régulation de l'exercice précédent est une pièce de l'offre.
- La garantie de soumission doit être un original, valable 28 jours après la fin de validité des offres. Une copie ou un scan est refusé, et son absence à l'ouverture entraîne le rejet de l'offre. Mais l'autorité peut aussi ne pas l'exiger sous 80 ou 100 millions de F CFA TTC : lisez l'avis, qui doit en indiquer le montant.
- Les délais de recours se comptent en jours francs et ouvrés, très courts : 5 jours pour le recours gracieux (3 jours pour une DRP), puis 3 jours (2 pour une DRP) après la réponse ou l'expiration du délai de réponse. Le recours au CRD doit être précédé du recours gracieux et accompagné de la preuve de paiement des frais de procédure : demandez le montant à l'ARCOP avant de déposer.
- Le contrat n'est signé qu'au plus tôt 10 jours après la publication de l'attribution provisoire. Ne laissez pas ce délai en blanc : il vous sert à contester ou à préparer la garantie de bonne exécution, qui doit être constituée en totalité à la signature à partir de 70 ou 100 millions de F CFA TTC.
- Pour les petites communes (budget initial sous 300 millions de F CFA), les avis de travaux sous 50 millions et de fournitures sous 25 millions sont affichés au siège, à la préfecture ou sous-préfecture et à la chambre des métiers, et les délais courent à partir de l'affichage à la sous-préfecture. Ils ne passent pas toujours dans la presse : passez régulièrement à la sous-préfecture ou à la chambre des métiers de votre zone.
- La préférence (marges de 5 % pour entreprises féminines, jeunes, handicapés ou startups, 15 % communautaire) ne s'applique que si vous la demandez dans l'offre, par une déclaration accompagnée de justificatifs. Les agréments de PME ou labels de startup doivent être fournis avec l'offre : prévoyez-les avant la date limite.
- Beaucoup de résumés en ligne citent le code de 2014 et les arrêtés de 2015 (n° 00860, 00866, 00106), abrogés en mars 2023. Les seuils à retenir sont ceux du code de 2022 et des arrêtés du 23 mars 2023 ; le seul arrêté postérieur lu est celui du 5 juillet 2024 sur les marchés réservés. Lisez aussi le dossier : certains acheteurs (énergie, santé, défense) travaillent hors code.
- Les offres sont reçues par la plateforme APPEL pour un nombre croissant d'acheteurs. Créez votre compte fournisseur à l'avance : il est validé par un administrateur, interconnecté avec l'ANSD pour vérifier l'identité de l'entreprise, et la rubrique des biens et services se choisit dans la classification UNSPSC, à partir du niveau « classe ».
Ce que nous n'avons pas pu confirmer
Plutôt que de deviner, nous listons ici ce qu'aucune source fiable ne nous a permis de confirmer. Pour ces points, fiez-vous au dossier ou demandez à l'organisme concerné.
- Le montant des frais de procédure à payer pour saisir le CRD en matière de marchés publics n'est pas fixé par le code : il l'est par résolution du Conseil de régulation de l'ARCOP, qui n'a pas été trouvée. Seul l'arrêté conjoint n° 009562 du 3 avril 2023 (consignation pour les PPP) a été repéré, et il ne vise pas les marchés publics. Demandez le montant à l'ARCOP avant de déposer un recours.
- L'arrêté sur les modalités du régime préférentiel (art. 52 : participation réservée aux entreprises sénégalaises et communautaires) n'a pas été trouvé. Les seuils communautaires de publication de l'UEMOA, qui déclenchent le délai de 45 jours, ne sont pas donnés par le code et n'ont pas été vérifiés.
- L'article 53 du code ne précise pas si ses seuils d'appel d'offres sont hors taxes ou toutes taxes comprises, alors que les arrêtés de 2023 et 2024 sont exprimés en TTC. Vérifiez la base dans le dossier.
- Le taux de la redevance de régulation vient d'un arrêté de 2016 pris sous l'ancien code. Il est encore publié par l'ARCOP et dit s'appliquer jusqu'à un nouvel arrêté, mais on n'a pas vérifié qu'il n'a pas été remplacé. Le montant exact doit être confirmé avec l'ARCOP.
- Aucun décret modifiant le décret n° 2022-2295 n'apparaît sur la page des décrets de l'ARCOP à la date de vérification. Le Journal officiel n'a pas été interrogé directement : un décret récent peut avoir échappé aux recherches.
- Le portail des achats publics (achatspublics.sn) n'a pas pu être lu : ses pages sont chargées par script. Son contenu, ses frais éventuels et le caractère obligatoire du dépôt électronique n'ont donc pas été vérifiés, au-delà du manuel de l'ARCOP et de la page d'accueil de l'ARCOP.
- Les arrêtés sur les composantes des commissions des marchés, les cellules de passation, les commissions régionales, la dérogation du secteur de l'énergie (n° 008481 du 2 avril 2026) et celle des produits pharmaceutiques essentiels (n° 031077) n'ont pas été étudiés en détail. Les délais d'avis de la DCMP, fixés par décision de l'ARCOP, n'ont pas non plus été lus.
- Les contrats de partenariat public-privé (loi n° 2021-23) et la charte de l'éthique ne sont pas traités.
Sources
- Décret n° 2022-2295 du 28 décembre 2022 portant Code des marchés publics (JO n° 7592 du 26 janvier 2023, art. 1 à 154) (ARCOP Sénégal (copie du Journal officiel), 2022-12-28)
- Arrêté n° 007118 du 23 mars 2023 relatif aux modalités de mise en œuvre des procédures de demande de renseignements et de prix (art. 1 à 12) (ARCOP Sénégal (arrêté du ministre des Finances et du Budget), 2023-03-23)
- Arrêté n° 007120 du 23 mars 2023 fixant les seuils en deçà desquels l'autorité contractante peut ne pas requérir la garantie de soumission (art. 1) (ARCOP Sénégal (arrêté du ministre des Finances et du Budget), 2023-03-23)
- Arrêté n° 007121 du 23 mars 2023 fixant les seuils à partir desquels il est requis une garantie de bonne exécution (art. 1) (ARCOP Sénégal (arrêté du ministre des Finances et du Budget), 2023-03-23)
- Arrêté n° 007122 du 23 mars 2023 fixant les seuils de contrôle a priori des dossiers de marchés (art. 1) (ARCOP Sénégal (arrêté du ministre des Finances et du Budget), 2023-03-23)
- Arrêté n° 007119 du 23 mars 2023 relatif aux procédures applicables aux marchés passés par certaines communes (art. 1 à 7) (ARCOP Sénégal (arrêté du ministre des Finances et du Budget), 2023-03-23)
- Arrêté n° 012635 du 5 juillet 2024 définissant les seuils des marchés réservés aux acteurs de l'économie sociale et solidaire et à certaines catégories de PME (art. 1 à 5) (ARCOP Sénégal (arrêté du ministre des Finances et du Budget), 2024-07-05)
- Arrêté n° 16781 du 16 novembre 2016 fixant le taux de la redevance de régulation sur les marchés publics et délégations de service public (pris sous le code de 2014) (ARCOP Sénégal (arrêté du ministre de l'Économie, des Finances et du Plan), 2016-11-16)
- Arrêté conjoint n° 031077 du 15 septembre 2023 fixant les règles d'acquisition des fournitures, médicaments et produits pharmaceutiques essentiels par dérogation au décret n° 2022-2295 (titre et préambule) (ARCOP Sénégal (arrêté conjoint Finances et Santé), 2023-09-15)
- Arrêté n° 008481 du 2 avril 2026 fixant les conditions de la dérogation accordée aux sociétés publiques du secteur de l'énergie (titre et préambule) (ARCOP Sénégal (arrêté conjoint Finances et Énergie), 2026-04-02)
- Journal officiel n° 7904 du 29 avril 2026 : décret n° 2026-807 du 22 avril 2026 portant création de la Commission de Contrôle des Marchés publics et des Contrats de PPP à classer « Secret-Défense » (ARCOP Sénégal (copie du Journal officiel), 2026-04-22)
- La réforme des marchés et projets de PPP susceptibles d'être classés « secret-défense » (article du DG de l'ARCOP) (ARCOP Sénégal, 2026-05-05)
- Loi n° 2022-07 du 19 avril 2022 modifiant la loi n° 65-51 du 19 juillet 1965 portant Code des obligations de l'administration (JO n° 7517 du 22 avril 2022) (ARCOP Sénégal (copie du Journal officiel), 2022-04-19)
- Site de l'ARCOP : accueil (présentation, textes, plateforme APPEL, actualités d'octobre 2026) (ARCOP Sénégal)
- Manuel d'utilisation APPEL : Fournisseurs (ARCOP Sénégal, 2025-12)
- Liste rouge de l'ARCOP (page du 7 août 2026) (ARCOP Sénégal, 2026-08-07)
- Avis n° 001/2026/ARCOP/CRD du 21 janvier 2026 sur l'applicabilité du Code des marchés publics aux filiales de sociétés publiques (page de synthèse) (vie-publique.sn (reprise de l'avis du CRD de l'ARCOP), 2026-01-21)
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